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Virginie Rozière

La bataille hors norme de la réforme du droit d’auteur. La Croix

Le Parlement européen doit voter mardi 26 mars la nouvelle directive « droit d’auteur », qui prévoit notamment la création d’un droit voisin pour les éditeurs de presse, vivement combattu par les Gafa.

Elle ne serait qu’une « machine à censure », elle « casserait » Internet, elle signerait l’arrêt de mort des « mèmes » (photos détournées de manière humoristique) et des « gifs » (images animées): rarement un texte européen aura suscité autant de passion, de fausses rumeurs, et de lobbying entre Bruxelles et Strasbourg que la réforme du droit d’auteur. Pour l’eurodéputée Virginie Rozière, « on n’avait pas vu ça depuis la directive tabac! ».

Ce mardi 26 mars, cette réforme dont l’objectif est de repenser les droits d’auteur pour les adapter au marché du numérique, sera une dernière fois soumise au vote des eurodéputés. Ils devront valider un accord provisoire dégagé en février, après des mois de difficiles pourparlers sous la pression de différents groupes d’intérêt n’hésitant pas à montrer les muscles.

La réforme n’a en effet rien d’anodin. L’article 11 de la directive prévoit la création d’un droit voisin pour les éditeurs de presse, qui vise à les faire rémunérer. L’article 13 instaure le principe d’une « responsabilité » pour les plateformes. Plus question pour elles de se retrancher derrière la responsabilité des utilisateurs: elles devront s’assurer que les contenus qu’elles rendent disponibles respectent bien les droits d’auteur.