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Virginie Rozière

CP- Lanceurs d’alerte et liberté de la presse : l’hypocrisie de la droite européenne

Le 19 octobre 17,

Le Parlement européen se prononcera la semaine prochaine sur le rapport de Virginie Rozière appelant à protéger les lanceurs d’alerte à l’échelle européenne. Ce vote interviendra au lendemain de l’assassinat de la journaliste Daphne Caruana Galizia à Malte, qui rappelle cruellement que dénoncer des pratiques mafieuses, qu’il s’agisse de fraude fiscale, de corruption ou de destruction de l’environnement, n’est pas sans risque face aux intérêts des criminels en col blanc.

 

Le rapport adopté en commission des affaires juridiques est un excellent résultat[1] pour la liberté de la presse et la protection des sources, mais des menaces pèsent sur le vote en plénière la semaine prochaine à Strasbourg : la droite européenne veut supprimer la possibilité pour les lanceurs d’alerte d’informer directement la presse en cas d’atteinte à l’intérêt général. La question de la divulgation à la presse est pourtant essentielle : ne pas permettre l’alerte aux médias, ou n’ouvrir cette possibilité qu’en dernier recours, revient à limiter la liberté d’informer et le droit du public d’accéder à des informations d’intérêt général.

 

En déposant un amendement pour priver les lanceurs d’alerte de cette capacité, la droite européenne expose une réelle hypocrisie : alors qu’elle se dit favorable à leur protection elle s’emploie dans les faits à en limiter drastiquement la portée. De peur, sans doute, de voir ce double discours trop clairement exposé, cette même droite s’est opposée à la tenue d’un véritable débat en plénière du Parlement européen.

 

Les socialistes et radicaux français, le groupe des socialistes et démocrates et toutes les forces de progrès seront pleinement mobilisés dans l’hémicycle pour faire barrage à cette tentative de la droite européenne de porter atteinte à liberté d’information et pour défendre une presse libre !

 

« Les journalistes sont essentiels à la liberté de la presse et, à leurs côté, les lanceurs d’alerte jouent eux aussi un rôle indispensable en démocratie » a déclaré Virginie Rozière « Par leur action, des pratiques inacceptables sont dénoncées : sans eux, pas de SwissLeaks, de LuxLeaks, de Panama papers, de BahamasLeaks ou encore de scandale du Mediator. Leur intervention permet aux citoyens et aux politiques de mieux lutter contre ces pratiques inadmissibles. » A-t-elle ajouté.

 

 

[1] Pour rappel, le rapport demande à la Commission européenne une proposition horizontale qui couvre tous les secteurs de l’activité économique, et non pas seulement une série d’intérêts listés restrictivement. Il propose une définition du lanceur d’alerte englobant toute personne qui signale ou révèle des informations concernant non seulement un fait illégal ou illicite mais également portant atteinte à l’intérêt public général. Il reconnaît au lanceur d’alerte son rôle indispensable pour le journalisme d’investigation et pour une presse indépendante ainsi que la nécessité de garantir la confidentialité des sources. Le rapport propose également le renversement de la charge de la preuve, outil le plus efficace pour la protection des lanceurs d’alerte, qui obligera l’entreprise ou la structure mise en cause à démontrer que les mesures à l’encontre d’un lanceur d’alerte n’ont pas été prises en représailles au lancement de l’alerte. Enfin, il préconise une protection contre les procédures-bâillons.