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Virginie Rozière

CP_La première responsabilité sociale des entreprises, c’est de payer correctement les salariés

Après l’annonce d’un moratoire sur la taxe sur les carburants par le Premier ministre, la
députée européenne Virginie Rozière souhaite replacer le débat à son juste niveau en
impliquant aussi les entreprises. Elle considère en effet que les revendications des Gilets
Jaunes constituent une révolte sociale profonde dont les solutions de sortie ne peuvent
passer que par de nouvelles négociations salariales, tant dans la fonction publique que dans les entreprises.

« Cette gronde sociale était prévisible : les salaires augmentent moins que l’activité
économique. Il ne s’agit pas d’un simple coup de gueule lié à la taxe sur le carburant » explique Virginie Rozière qui considère notamment que « la revalorisation du SMIC est
indispensable. C’est une décision qui relève du Gouvernement, tout comme la revalorisation du point d’indice dans la fonction publique. L’État peut, l’État doit faire un geste pour prendre en compte les difficultés de celles et ceux qui se trouvent dans cette précarité ».

Au-delà d’une implication directe du Gouvernement, la députée européenne souhaite que les chefs d’entreprise soient aussi mis en face de leurs responsabilités. « Pour le patron du Medef, la hausse des salaires et l’embauche sont uniquement conditionnées à la baisse des charges sociales et patronales. C’est indécent ! La première des responsabilités sociales des entreprises est le pouvoir d’achat des salariés. Aujourd’hui la progression des salaires ne suit pas le rythme de la croissance économique » précise Virginie Rozière.

En effet, en 2019, le cumul de baisse des charges additionnée au maintien du CICE devrait générer un doublement des aides aux entreprises. « Fin de l’ISF, flat tax, CICE, baisses de cotisations… Les actionnaires et les entreprise sont eu beaucoup de cadeaux depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Il est temps de redistribuer » ajoute la députée européenne.

Virginie Rozière appelle à l’ouverture rapide de négociations salariales dans toutes les branche professionnelles et dans la fonction publique. « Le Gouvernement a cru à tort pouvoir se passer des corps intermédiaires. Aujourd’hui il est de sa responsabilité de mettre autour de la table les organisations salariales et patronales pour décider rapidement de mesures concrètes et fortes pour le pouvoir d’achat des salariés. Sans cela, la faible annonce d’un moratoire sur les taxes ne suffira pas à stopper la colère du peuple » conclut-elle.