RETOUR

Virginie Rozière

DNA, les faux avis internet repérables

DNA : Les faux avis sur internet seront repérables

Dernières Nouvelles d'Alsace, le 23 janvier, Les faux avis sur internet seront repérables


Le Parlement européen vient d'adopter un texte obligeant les plateformes en ligne à préciser si l'origine des avis de clients qu'elles publient est contrôlée.Ceux qui consultent les avis pourront ainsi obtenir la garantie de l'authenticité.

Le Parlement européen vient d’adopter un texte obligeant les plateformes en ligne à préciser si l’origine des avis de clients qu’elles publient est contrôlée.Ceux qui consultent les avis pourront ainsi obtenir la garantie de l’authenticité.

Peut-on se fier aux avis, notations et autres étoiles des sites de services en ligne ? Voitures partagées, billets de train, réservation d’hôtel, taxis : les avis déterminent souvent le choix.

Or certains professionnels, qui n’hésitent pas à acheter auprès de plateformes spécialisées de faux avis mensongers pour les placer sur leur site ou ceux d’agrégateurs.

Quelles sont les nouvelles obligations

La disposition prise par le Parlement européen, par 37 voix pour contre une, contraint les sites marchands à mentionner clairement l’existence ou non d’un contrôle des avis et les caractéristiques de ce contrôle.

Présidente du Comité régional de tourisme d’Occitanie, l’eurodéputée Virginie Rozière (Radicaux de gauche) explique: « Les avis clients sur les sites marchands sont lus avant 85% des réservations d’hôtel et 62% des réservations de restaurants/ Dans ce contexte, il est essentiel de responsabiliser les plateformes en ligne sur la transparence en matière de vérification des avis clients. Les consommateurs seront ainsi informés de la fiabilité des informations mises à leur disposition. Cette mesure de responsabilisation des plateformes est nécessaire pour protéger les entreprises et les consommateurs ».

35% d’avis non-conformes

Il était urgent de mettre un terme à des pratiques pus que douteuses sur ces avis en ligne.

Selon la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), « certains gestionnaires d’avis suppriment tout ou partie des avis de consommateurs à tendance négative, au profit des avis plus positifs. Cette pratique répandue peut aller jusqu’à la suppression pure et simple de tout avis négatif. D’autres gestionnaires d’avis publient très vite les avis positifs et diffèrent la publication des avis négatifs, ce qui  fait apparaître une majorité d’avis positifs parmi les plus récents.

En 2017, une étude de la DGCCRF sur un échantillon de soixante entreprises contrôlées, a conclu que 35 % présentaient des avis non-conformes à la réglementation. Le secteur de l’hôtellerie est concerné, mais aussi ceux de la formation ou des services entre particuliers.

Selon les spécialistes, une véritable économie souterraine s’est ainsi développée, ces marchants d’avis employant des petites mains en Afrique ou en Asie.

L’enjeu est de taille : toujours selon la DGCCRF, 74% des internautes français ont déjà renoncé à acheter un produit à cause de commentaires ou d’avis négatifs et 41 % ont déjà réalisé un achat spontané à la suite d’un avis positif.

En 2017, la France s’est dotée par décret d’un arsenal similaire à celui adopté par le Parlement européen, contraignant les professionnels des avis en ligne à indiquer l’existence d’un système de contrôle, notamment leurs critères de classement. Désormais, les sites hébergés dans l’Union européenne devront remplir la même obligation.

A retrouver sur le site des Dernières nouvelles d’Alsace