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Virginie Rozière

Equilibre entre vie professionnelle et vie privée : Virginie Rozière dénonce le manque d’ambition des États membres

le 21 juin 2018

En avril 2017 la Commission européenne a proposé une directive visant à renforcer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée pour les parents et aidants. Ce texte était une réponse directe à la sous-représentation des femmes sur le marché de l’emploi en offrant de nouvelles possibilités de conciliation entre travail et vie de famille, parmi lesquelles une meilleure répartition des congés parentaux entre hommes et femmes.

Ces mesures sont soutenues par Virginie Rozière, eurodéputée Les Radicaux de Gauche, qui rappelle que « l’écart de taux d’emploi entre les hommes et les femmes sur le marché du travail est particulièrement marqué pour les parents. » En effet, en 2015, le taux d’emploi des femmes âgées de 20 à 64 ans atteignait 64,3% contre 75,9% pour les hommes. « Cette situation contribue de manière substantielle à l’écart de salaire entre les femmes et les hommes. Différence qui se transforme plus tard en un écart de retraite et une plus grande précarisation des femmes. En Europe, leur retraite est en moyenne 40 % plus faible que les hommes».

Saluée et améliorée par le Parlement européen, la proposition de directive est restée plusieurs mois lettre morte sur la table du Conseil car plusieurs États membres, dont la France, s’y opposaient. Une tentative de blocage qui consterne autant qu’elle étonne : « Alors qu’Emmanuel Macron a décrété l’égalité femme-homme « grande cause » de son quinquennat et que sa secrétaire d’État, Marlène Schiappa, prétend étudier « toutes les possibilités d’allongement du congé paternité », il est lamentable de voir la France s’allier aux gouvernements conservateurs d’Autriche et de Hongrie pour bloquer une avancée sociale européenne en faveur de l’égalité ».

Aujourd’hui, le Conseil préfère renvoyer la décision sur la mise en place de ces droits aux États membres. Une absence d’harmonisation qui revient à vider le cadre proposé par la Commission européenne de sa substance et précariser les foyers dans lesquels les pères souhaiteraient s’investir dans le soin et l’éducation de leurs enfants.

« Ce texte devait être un des piliers de la refondation sociale de l’Union européenne. En vidant cette la directive de son contenu, la France ne s’oppose pas seulement à une avancée sociale pour les Français mais il condamne aussi des millions d’Européens pour qui il n’existe toujours pas de système de congé parental digne de ce nom ! » regrette Virginie Rozière.