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Virginie Rozière

En Lettonie avec la commission IMCO

J’ai pris part, les 16 et 17 février dernier, à la délégation de la commission IMCO à Riga. En effet, la présidence de l’union européenne est assurée, pour le premier semestre de 2015, par la Lettonie.

L’objectif de cette délégation était bien sûr de rencontrer les ministres et parlementaires lettons impliqués sur les dossiers qui intéressent la commission IMCO, mais aussi de rencontrer les associations, organisations et administrations qui travaillent au quotidien sur ces mêmes sujets. C’est ainsi que nous avons évoqué avec l’association lettone de protection des consommateurs, le fonctionnement des mécanismes d’alerte et de surveillance du marché pour garantir la sûreté des produits et la sécurité des consommateurs.

La séance de travail avec les organisations patronales lettones s’est déroulée dans un climat franc et ouvert qui a permis d’aborder le problème majeur des entreprises lettones : le manque de main d’œuvre. En effet, la crise de 2008 et les politiques d’austérité sans merci ont conduit à un exode massif de la population active (environ 10% en 4 ans) à tel point que c’est là le principal obstacle au développement des entreprises lettones et une menace directe pour l’équilibre des régimes de protection sociale.

Les discussions avec les ministres et parlementaires lettons, représentants de la coalition de centre droit reconduite au pouvoir lors des dernières élections de 2014, se sont avérés cordiaux et constructifs, dans le registre qui prévaut usuellement lors du dialogue interinstitutionnel. En effet, nos interlocuteurs se devaient de représenter les positions du conseil et la délégation des quatre membres des groupes S&D et PPE celles du Parlement européen.

Un sujet néanmoins, a mis à mal cette réserve pourtant d’usage. Les positions prises sur le TTIP par nos collègues du PPE, ne reflétant que les vues de leur groupe sur ce sujet ô combien sensible, ont appelé une réponse sans équivoque de la part de ma collègue Evelyne Gebhardt et de la mienne.
Il était bien sûr inadmissible de voir les préoccupations légitimes des citoyens, face à ce texte d’une ampleur sans précédent, balayées d’un revers de main au nom d’une croissance pour le moins hypothétique.

Il a donc fallu rappeler que le mécanisme arbitral entre investisseurs et États posait des questions fondamentales de démocratie et que ce qui nous était proposé n’était rien d’autre que la subordination de l’intérêt général, démocratiquement défini, à des intérêts privés ; le tout sous la férule de tribunaux aussi arbitraires qu’arbitraux.
Deux jours riches d’enseignements donc, tant sur la qualité et l’engagement de la présidence lettone, que sur l’intensité des débats à venir sur le TTIP qui dureront, soyons-en certains, bien au-delà du 30 juin…