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Virginie Rozière

La France expose les lanceurs d’alerte aux représailles

Lors de l’adoption en 2016 du texte sur le secret des affaires, les parlementaires européens de gauche, s’étaient engagés auprès des citoyens à tout faire pour obtenir une législation pour protéger les lanceurs d’alerte.
Ils sont en passe d’y arriver mais la France s’y oppose.

Virginie Rozière rappelle que « c’est être fidèle aux attentes des citoyens que de reconnaître le rôle des femmes et des hommes qui agissent pour l’intérêt général et de facto pour la démocratie ».

Le texte proposé par la Commission européenne, basé sur le rapport d’initiative de Virginie Rozière, largement adopté par le Parlement européen en 2017, est actuellement en négociation entre le Parlement européen et les États membres. Cependant la France, aux côtés de l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, l’Autriche, veut obliger les lanceurs d’alerte à lancer l’alerte d’abord au sein de leur entreprise avant de pouvoir, dans un second temps, s’adresser à une autorité indépendante ou à la presse.

« Force est de constater que l’attitude de la France, qui a pris la tête d’un groupe de quelques États qui bloquent les négociations, risque de conduire à une impasse. Ces Etats posent comme condition que ces femmes et ces hommes qui prennent des risques pour l’intérêt général s’exposent volontairement aux représailles, en dévoilant les agissements dont ils ont connaissance au sein même des entreprises ou organismes qu’ils mettent en cause » dénonce l’eurodéputée Virginie Rozière.

« Quand on vous montre une photo de vos enfants, l’intimidation ça marche » rappelait Irène Frachon, qui a révélé le scandale du Mediator, à l’occasion d’un événement au Parlement européen.

ONG, syndicats, lanceurs d’alerte, tous sont unanimes pour dénoncer l’hypocrisie de ces Etats, la France en tête, qui prétendent vouloir protéger les lanceurs d’alerte mais qui ne font, dans les faits, que créer les conditions pour les priver de cette protection : « Si la position actuelle du Conseil est celle qui est finalement adoptée, les futurs lanceurs d’alerte en Europe souffriront autant, si ce n’est encore plus, que ce que nous avons souffert » affirment sans détour cinq lanceurs d’alerte européens, dont Antoine Deltour et Raphaël Halet, dans une récente lettre ouverte aux institutions européennes.