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Virginie Rozière

L’accord sur le Brexit, un bon deal pour l’Europe ?

Les conditions du divorce se dessinent enfin, après vingt mois de négociations. Le 14 novembre, le gouvernement britannique a approuvé le projet d’accord transitoire qui doit organiser les relations entre Londres et Bruxelles pour les années à venir. Mais cette approbation de forme n’a pas masqué longtemps les divisions de la majorité de Theresa May : 5 ministres, dont celui chargé du Brexit, ont annoncé leur démission dès le lendemain matin.

Les partisans du Brexit semblent découvrir aujourd’hui qu’un accord favorable au Royaume-Uni est en fait impossible. Le « deal » négocié prévoit le maintien du Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE, avec un alignement sur les règles européennes encore plus poussé pour l’Irlande du Nord.

Trahisons pour les uns, perte d’influence du Royaume-Uni dans le monde pour les autres, les démissionnaires et les Brexiters du Parlement, bien qu’incapables de proposer une solution alternative, jugent que cet accord maintient des liens trop étroits avec l’Europe. De fait, dans le cadre de ce texte, le Royaume-Uni devrait se conformer aux règles sociales, fiscales ou encore environnementales de l’UE et n’aurait pas la possibilité de conclure de traités commerciaux avec des pays tiers.

Theresa May n’est pas au bout de ses épreuves : le Parlement britannique, les autres pays de l’Union, et le Parlement européen doivent encore donner leur feu vert.

En acceptant cet accord, la Première ministre fait voler en éclats les illusions d’un Brexit auquel elle-même, ne croit plus depuis bien longtemps. Le nombre des questions ouvertes est encore important, mais l’une surpasse les autres : les électeurs britanniques feront-ils un jour payer à leurs dirigeants conservateurs cette folie ?