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Virginie Rozière

Le Parlement européen proie du lobbying religieux

Lundi 15 avril, le Bureau du Parlement examinait les orientations pour la mise en oeuvre de l’article 17, qui organise le dialogue entre les associations confessionnelles, non-confessionnelles et les institutions européennes. Mais les propositions de ce rapport portent ouvertement atteinte à l’indépendance et la transparence du Parlement européen.

Malgré la mobilisation des co-présidentes de la plateforme pour la laïcité du Parlement européen, Virginie Rozière et Sophie In’t Veld, le président Antonio Tajani a refusé de soumettre cette question aux votes et entretient l’incertitude sur sa possible mise en œuvre. « Il s’agit d’un hold up démocratique qui confisque la volonté des représentants de tous les Européens pour les soumettre aux intérêts de l’Église. Cette attitude est au mieux irresponsable au pire criminelle, quand on sait que sur les dix dernières années aux États Unis, les lobbies fondamentalistes ont financé des groupes chrétiens pour lutter contre les droits des femmes et des personnes LGBTQI+, à hauteur de 50 millions de dollars » rappelle Virginie Rozière, qui s’appuie sur l’enquête d’OpenDemocracy.

Parmi les recommandations les plus inquiétantes, se dessine une stratégie d’ingérence religieuse au sein du processus législatif. « Ce rapport organise le lobbying religieux notamment en permettant à leurs représentants d’être en contact régulier avec les rapporteurs de dossiers en cours et en les formant au lobbying au sein même des bureaux nationaux de liaison du Parlement européen » explique l’eurodéputée.

« Aujourd’hui, c’est de transparence et de débats dont a besoin l’Europe, pas de directeurs de conscience anonymes et tapis dans l’ombre. Ce rapport nous montre combien nous devons être vigilants face aux tentatives de banalisation et d’institutionnalisation du lobbying religieux. Le principe de Laïcité est sans cesse attaqué et le prochain Parlement devra redoubler de vigilance sur ce sujet. » conclut Virginie Rozière.