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Virginie Rozière

Marianne interview Lanceurs d'alerte

Macron opposé à une protection plus importante des lanceurs d’alerte

Mon interview sur Marianne.net, concernant la directive protection des lanceurs d’alerte.

Quelques pays, la France en tête, bloquent les négociations sur la directive pour une protection européenne des lanceurs d’alerte. Ces pays souhaitent imposer aux lanceurs d’alerte de signaler les atteintes à l’intérêt général au sein de leur entreprise avant de pouvoir, dans un second temps, s’adresser à une autorité indépendante ou à la presse, les exposants ainsi aux représailles.

 

« Le Conseil veut absolument obliger les lanceurs d’alerte a faire leur signalement au cœur de leur entreprise ou de leur administration. Mais dans bien des cas, c’est exposer le lanceur d’alerte aux représailles, aux pressions… Et c’est un risque que le Conseil ne veut pas prendre en compte. Cette surdité est volontaire et s’explique simplement par son alignement sur les positions des entreprises, du business. Certains groupes n’ont pas hésité à tenter de faire pression. Par exemple, Business Europe n’a pas caché sa position, se prononçant contre le texte et son principe. »

C’est bien simple : les conservateurs et les libéraux ne peuvent afficher clairement qu’ils sont contre la protection des lanceurs d’alerte… Alors, ils imposent des conditions tellement restrictives qu’elles risquent d’empêcher le bon fonctionnement de la mesure. En tête de cette frange « dure », il y a quatre pays : la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Autriche. Quatre États qui sont seuls contre tous. Face à eux, il y a le Parlement, une majorité des États membres, de nombreuses ONG, des syndicats, le consortium européen de journalistes d’investigation… Notre défi, c’est de les convaincre avant la dernière réunion de négociation, le lundi 11 mars. Difficile de pronostiquer une quelconque issue. Mais sans leur aval, rien n’est possible. »

Force est de constater que l’attitude de la France, qui a pris la tête d’un groupe de quelques États qui bloquent les négociations, risque de conduire à une impasse. Ces États posent comme condition que ces femmes et ces hommes qui prennent des risques pour l’intérêt général s’exposent volontairement aux représailles, en dévoilant les agissements dont ils ont connaissance au sein même des entreprises ou organismes qu’ils mettent en cause. Lire mon communiqué de presse, « La France expose les Lanceurs d’alerte aux représailles ».

 

Lire l’interview sur le site de Marianne.