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Virginie Rozière

Virginie Rozière Si on ne fait rien, que restera-t-il de la culture européenne dans cinq ans ?

« Si on ne fait rien, que restera-t-il de la culture européenne dans cinq ans ? », Interview dans L’Obs

Dernier round, demain, pour le texte européen sur les droits d’auteurs qui vise à imposer aux Gafa une plus juste rémunération des artistes et journalistes. Mais son adoption est loin d’être acquise comme l’assure l’eurodéputée, Virginie Rozière.

Quel est l’enjeu de ce vote ?

« Il se situe à deux niveaux. D’abord, les règles du droit d’auteur datent d’une directive de 2001, elles ne prennent pas en compte la diffusion numérique. La répartition de la valeur entre les Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon, ndlr) et les producteurs de « contenus », essorés financièrement par ces distributeurs numériques, est totalement déséquilibrée. » 

Si on ne fait rien, que restera-t-il de la culture européenne dans cinq ans ?

« Le cas est proche de celui des petits producteurs agricoles face à la grande distribution. Mais, au fond, je ne crois pas que la perspective de rémunérer explique, à elle seule, la réaction des Gafa car ceux-ci disposent des moyens financiers nécessaires. Ce qui les rend dingues, c’est autre chose : l’idée de devoir se soumettre au droit. Jusqu’ici, ils ont bénéficié d’un régime d’irresponsabilité. Ils sont des intermédiaires neutres. Et là, on veut les sortir de ce statut, les obliger à respecter la loi. Ils le savent, cette directive créera un précédent. A travers ce vote, se joue une question de souveraineté européenne : l’Europe est légitime à imposer des règles. Si elle recule demain, c’est un signe qu’elle renonce. Cette directive créerait un précédent, dites-vous. »