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Virginie Rozière

Vers une protection européenne des lanceurs d’alerte, Arte

Les négociations entre le Parlement européen et le Conseil européen autour de la directive sur la protection des lanceurs d’alerte doivent se terminer le 11 mars. Mais certains États membres, la France en tête, tentent d’imposer aux potentiels lanceurs d’alerte de signaler prioritairement les faits en interne, dans les entreprises concernées.

Pour l’eurodéputée rapporteure du texte, Virginie Rozière, cette position est dangereuse.

Dans les salles de réunion des institutions européennes se joue un bras de fer crucial pour la liberté d’information et d’expression. D’un côté, les eurodéputés du Parlement et de l’autre, les États membres, réunis au sein du Conseil de l’UE. L’objet de leurs tractations ? Les lanceurs d’alerte, ces informateurs citoyens qui ont déjà fait fuiter des milliers de documents confidentiels à l’origine d’enquêtes retentissantes sur l’évasion et l’optimisation fiscales, avec les « Luxleaks » et les « CumEx files », pour ne citer qu’elles.

Concrètement, cette directive doit faciliter le signalement d’actes illégaux ou contraires à l’intérêt général et défendre les lanceurs d’alerte contre des représailles. Elle est destinée à être appliquée dans de multiples domaines, des atteintes à l’environnement à la délinquance financière, et a déjà franchi plusieurs étapes avant de passer par la case des négociations.

Les deux institutions négocient une directive destinée à améliorer la protection de ces whistleblowers. Les discussions bloquent sur un point fondamental – la manière dont ils peuvent lancer d’alerte – si bien que le journaliste Denis Robert et la rapporteuse du texte, l’eurodéputée Virginie Rozière (Radicaux de gauche), ont publié le 6 mars dans Libération une tribune accusant plusieurs pays, et en particulier la France, de vouloir vider le projet « de sa substance ».